La CVCI a mandaté l’institut de recherche Swiss economics pour analyser l’efficience des dépenses publiques vaudoises en comparaison avec d’autres cantons. Le choix s’est rapidement porté sur ceux de Berne et Zurich, dont les caractéristiques sont similaires en termes de démographie, de territoire ou encore d’infrastructures, avec par exemple des hautes écoles et un hôpital universitaire cantonal.
EN TOILE DE FOND: UNE FISCALITÉ VAUDOISE LOURDE
L’étude vient confirmer le même constat que la CVCI fait depuis de nombreuses années : la fiscalité vaudoise des personnes physiques est lourde, tant au niveau de l’impôt sur le revenu que de l’impôt sur la fortune. L’étude l’illustre une fois de plus, voire de trop, et la comparaison avec Berne et Zurich est frappante. En 2022, les recettes fiscales nettes par habitant s’élèvent à 11 960 francs dans le canton de Vaud, contre respectivement 8540 et 10 510 francs pour Berne et Zurich. La question s’impose d’elle-même : est-ce que les services publics vaudois justifient de telles disparités?
FOCUS SUR L’EFFICIENCE DANS LE DOMAINE DU SOCIAL
Plus d’un quart des dépenses nettes par habitant ont été allouées au domaine du social dans le canton de Vaud d’après les chiffres de 2022, alors que Berne et Zurich y consacrent plutôt un cinquième de leurs dépenses. En termes de montants, les dé- penses nettes par habitant sont d’environ 3300 francs en terres vaudoises, contre respectivement 2000 francs et 2200 francs à Berne et Zurich. Compte tenu de ces éléments, l’étude analyse plus précisément le domaine du social.
Premièrement, l’étude montre que les paiements effectués aux bénéficiaires de l’aide sociale dans le canton de Vaud représentent seulement 38 % des dépenses de la catégorie statistique « aide sociale et domaine d’asile », alors que cette proportion est de 44 % pour Zurich et 66 % pour Berne. Si les données ne permettent pas déterminer exactement les causes de cet écart, l’étude relève que les montants versés aux bénéficiaires sont similaires et qu’il serait donc intéressant de savoir si des dépenses administratives plus hautes dans le canton de Vaud pouvaient expliquer les différences.
Deuxièmement, l’étude effectue ce qu’on appelle une analyse par enveloppement des données, corrigée pour les valeurs aberrantes et certains facteurs externes. Vaud obtient un score d’efficience de 78 % dans le domaine de l’aide sociale au sens large, soit une inefficience d’environ 22 %. Les causes exactes de cette inefficience devraient faire l’objet d’analyses approfondies et d’autres évaluations, mais le potentiel d’amélioration est clair. Comme en 2022 les dépenses pour l’aide sociale au sens large étaient d’environ 1,12 milliards de francs, une économie de 22 % représente approximativement 250 millions de francs.
NOTRE CANTON A TOUT POUR MIEUX FAIRE
Ces résultats doivent susciter le débat, tant politique que sociétal. Ils laissent penser qu’une amélioration de l’efficience de l’administration vaudoise peut permettre une réduction des ressources utilisées, tout en préservant la qualité des prestations publiques. Dans le domaine du social, il ne s’agit pas simplement de diminuer les prestations fournies, mais bien de veiller à ce que l’argent arrive à celles et ceux qui en ont besoin, sans inefficiences.
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L’efficience administrative vaudoise en lumière
Écrit par
Simon Baudraz
Responsable économique
Publié le : 28 août 2025
Modifié le : 20 mai 2026