Il soufflait comme un vent d’optimisme, le 3 juin dernier à Berne, lorsque la CVCI et trois autres grandes Chambres de commerce et d’industrie du pays ont signé un engagement commun en faveur des Bilatérales III. Ce document, cosigné par une septantaine d’entrepreneurs, a été remis aux parlementaires fédéraux accompagné d’un appel à pré- server et à renforcer la voie bilatérale. « À l’approche de l’ouverture de la consultation sur le paquet d’accords avec l’Union européenne, nous voulons envoyer un signal fort sur l’importance que revêtent les Bilatérales III pour l’économie », a relevé Elisabeth Schneider-Schneiter, présidente de la Chambre de commerce des deux Bâle et conseillère nationale (Le Centre, BL).
«PAS UNE CONCESSION À BRUXELLES»
Présent à cet événement, François Pugliese, président de la CVCI, a insisté sur le fait que « les Bilatérales III ne sont pas une concession à Bruxelles, mais un plan économique et social pour la Suisse. Elles garantissent un accès stable au marché intérieur européen, soutiennent notre innovation et assurent l’emploi. » Les Chambres de commerce et d’industrie appellent l’ensemble des forces politiques à faire preuve de responsabilité et à consolider nos relations avec l’Union européenne afin de garantir l’avenir économique de notre pays.
La centaine de personnalités présentes à cet événement, dont plusieurs parlementaires fédéraux romands, a signifié, à travers cette rencontre, que la voie bilatérale initiée dès 1999 a largement contribué à la prospérité et à la qualité de vie en Suisse. L’accord conclu en décembre dernier entre Bruxelles et la Confédération permet de préserver ces acquis, tout en apportant une meilleure sécurité juridique et de nouvelles opportunités de collaboration avec l’Union européenne, qui demeure le premier partenaire commercial de la Suisse. Rappelons au passage que la population suisse a apporté son soutien à la voie bilatérale lors de différents scrutins populaires ces dernières années. Pour les participants au raout du 3 juin, il s’agit désormais d’ancrer cette voie comme modèle de coopération avec l’Union européenne.
NON AU STATU QUO!
Directeur général du Campus Biotech, et membre du Comité de la CVCI, Nicolas Durand a tenu à rappeler que « sans évolution du cadre réglementaire, notre modèle de coopération avec l’Union européenne est mis en péril par l’érosion progressive des accords bilatéraux». Un statu quo ferait ainsi perdre graduellement aux entreprises suisses leur accès privilégié au marché intérieur de l’Union européenne, qui compte près de 500 millions de consommatrices et consommateurs.
Adopter les Bilatérales III permettrait de maintenir la libre circulation des personnes, instrument indispensable à l’heure où l’on estime que jusqu’à 460 000 postes de travail pourraient manquer dans notre pays d’ici à 2035. « L’accès facilité aux talents en provenance de l’Union européenne est crucial
pour notre entreprise et notre secteur d’activité », a plaidé Carl Illi, PCA de CWC Textil SA et président de Swiss Textiles. Ce constat vaut aussi pour les secteurs de la santé et de la restauration.
PIB EN HAUSSE MARQUÉE
Les chiffres illustrent mieux que tout discours que notre pays doit une grande partie de sa prospérité aux accords bilatéraux. En 2023, 59 % des exportations suisses de marchandises étaient destinées à l’Union européenne. Depuis la signature du premier paquet d’accords bilatéraux en 1999, le produit intérieur brut (PIB) réel par habitant a augmenté de 25 % en Suisse.
Les CCI rejettent l’isolationnisme auquel nous conduirait le refus d’une actualisation de notre cadre bilatéral. Dire oui à ces accords, c’est dire oui à l’ouverture et à la prospérité.
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Un élan pour les Bilatérales III
Écrit par
Jean-François Krähenbühl
Chargé de communication
Publié le : 26 juin 2025
Modifié le : 20 mai 2026