Jacqueline Maurer-Mayor, première femme à siéger au Conseil d'Etat vaudois, est décédée voilà deux semaines. Le parcours de cette politicienne déterminée, à qui l'on doit notamment la création du Service de l’économie, du logement et du tourisme, est inspirant.
C'est peu dire que l'ancienne conseillère d'Etat vaudoise Jacqueline Maurer-Mayor, décédée subitement il y a deux semaines à l'âge de 78 ans, a marqué la politique du Canton. La Radicale a siégé au gouvernement cantonal de 1997 à 2007, devenant la première femme à accéder à ce poste. Elle a ainsi ouvert la voie à une représentation féminine à l'exécutif de l'Etat. Son cursus politique l'a fait passer successivement par le Conseil communal lausannois (1973-1981), puis le Grand Conseil (1978-1986, 1990-1997), qu'elle a présidé en 1996.
Elue avec 56% des voix au Conseil d’Etat en mars 1997, elle prend la tête du Département de l’économie. On s’en rappelle, la période était difficile tant du point de vue politique qu'économique en raison de la grave crise financière dans laquelle le Canton se débattait dans les années 1990. Ce contexte économique délicat incite, à ce moment, l'Etat à conduire des réformes drastiques. La gestion du chômage et la création d’emplois deviennent les priorités de son département.
Jacqueline Maurer-Mayor empoigne ces dossiers avec détermination et entame une vaste réforme en vue de redonner un élan à une économie vaudoise souffreteuse. C'est sous son mandat qu'est créé le Service de l’économie, du logement et du tourisme, qui permet la gestion des pôles de développement institués quelque temps auparavant. Elle a contribué à moderniser les conditions-cadres du Canton, comme l'a dit Philippe Sordet, son ancien chef du Service de l’économie dans les colonnes de «24 heures». Elle a par ailleurs créé le DEWS (Development Economic Western Switzerland) pour la prospection économique à l’étranger et le DEV (Développement économique Vaud) pour l’accueil d’entreprises sur sol vaudois.
La magistrate disparue s'est aussi révélée par sa gestion lors de la crise de la Banque cantonale vaudoise (BCV), qui avait dû être recapitalisée à hauteur de 1,25 milliard de francs. Au-delà de son action publique, l'ancienne conseillère d'Etat née à Vaulion, en 1947, laisse le souvenir d'une rassembleuse qui savait créer des ponts au-delà des clivages politiques. A l’heure où l’économie et le Canton sont chahutés, sa vision reste ô combien inspirante.
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Une capitaine dans la tempête
Écrit par
Philippe Miauton
Directeur
Publié le : 04 juin 2026
Modifié le : 09 juin 2026