Directeur général de Valentine, qui conçoit des friteuses professionnelles de haute qualité, Christophe Paris a fait ses armes hors de l'entreprise familiale avant d'en prendre les rênes. Pour lui, le monde de la gastronomie est un domaine magnifique. Il transmet ce feu à ses enfants, qui feront peut-être comme lui.
Vous représentez la 3e génération à la tête de Valentine. Cette voie a-t-elle éveillé votre appétit petit ou vous êtes-vous cherché?
J'ai toujours baigné dans le domaine des frites avec mon père, mais il nous a laissés faire ce qu'on voulait avec mon frère et ma sœur. J'estime qu'il ne faut pas rentrer tout de suite dans une entreprise familiale: c'est bien d'aller faire ses armes ailleurs d'abord. La restauration est un magnifique domaine avec des gens fabuleux. A un moment donné, je me suis dit que j'avais envie d'aller là.
A titre personnel, qu'est-ce qui aiguise votre motivation?
Il y a des hauts et des bas, mais le fait de se lever le matin, d'aller de l'avant, de gérer une équipe, de développer des projets innovants, de rencontrer des clients, tout cela me motive énormément. Et, surtout, de satisfaire les gens: manger une portion de frites, c'est comme le chocolat: ça fait du bien et c'est bon avec de la viande, des filets de perche. Même un simple cornet de frites, d'ailleurs.
Entreprendre dans notre région, pour vous, c'est quoi?
Quand je dis que je produis encore en Suisse, beaucoup me répondent: «Non, ce n'est pas possible de nos jours…» Mais on arrive à rester compétitifs. Le canton de Vaud est un canton où il fait bon vivre, qui a de bonnes possibilités mais on voit que cela devient de plus en plus dur avec la multiplication des normes, des contraintes administratives et le franc fort. A cause de son niveau élevé, on va devoir un jour acheter des composants à l'étranger. C'est un problème, mais je ne vais pas déménager: mon but reste de produire en Suisse. Je suis Vaudois et j'y reste, c'est une nécessité pour la marque et nos clients.
Existe-t-il une contrée lointaine qui résiste encore à vos friteuses «made in Vaud»?
Nous sommes bien présents en Europe, nous vendons en Australie, à Dubaï, en Afrique du Nord. Maintenant, notre objectif reste les Etats-Unis, qui demeure le premier marché mondial dans notre domaine, mais qui est très concurrentiel. Sans parler des droits de douane, mais avec un taux de 15%, nous sommes au moins au même niveau que nos concurrents de l'Union européenne.
Travaillez-vous à transmettre ce goût à la génération suivante?
J'ai trois enfants, dont l'aînée a 12 ans. C'est donc un peu prématuré. Je suis d'avis qu'il faut les laisser faire ce dont ils ont envie; ils doivent faire leurs expériences, aller travailler ailleurs et exercer un métier qui leur plaît. Comme mon père, je leur transmets ce goût pour la cuisine. Nous verrons bien dans les années à venir.
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«SATISFAIRE LES GENS ME MOTIVE ÉNORMÉMENT»
Écrit par
Jean-François Krähenbühl
Chargé de communication
Publié le : 21 mai 2026
Modifié le : 30 juin 2026