Une étude confirme la tendance observée depuis des mois: les cyberattaques dopées à l'intelligence artificielle menacent toujours davantage les PME suisses, qui sous-estiment les risques. La protection de base et la couverture d’assurance restent lacunaires.
L'intelligence artificielle, n'en déplaise à ses thuriféraires, n'a pas que des vertus! Une enquête de la société d'audit Deloitte, menée en ligne auprès de 924 employés de PME en avril dernier, montre que grâce à l'IA, «les cyberattaques gagnent en rapidité et peuvent être déployées à plus grande échelle. Dans le même temps, de nombreuses PME suisses sont insuffisamment protégées et sous-assurées.»
Voilà des mois que les professionnels de la cybersécurité agitent ce spectre: les cyberattaques sont en forte augmentation et, grâce à l’intelligence artificielle, elles sont de plus en plus ciblées et efficaces. Directrice de la Trust Valley, Lennig Pedron l'affirme dans une interview parue récemment dans «ICTjournal»: la fraude par usurpation de voix et d'identité est l'une des menaces les plus redoutablement sous-estimées du moment. Trois secondes suffisent aujourd'hui pour cloner une voix avec environ 85% de fidélité: «Votre téléphone sonne. C’est votre directeur financier. La bonne voix, les bonnes intonations, une demande urgente. Mais ce n’est pas lui. Aujourd’hui, l'arnaque vise encore un humain. Demain, elle ciblera directement vos agents IA», avertit-elle aussi sur le réseau LinkedIn.
Risques sous-estimés
Les résultats de l'enquête de Deloitte montrent un écart significatif entre les cybermenaces auxquelles les entreprises sont effectivement confrontées et la perception du risque encouru. Ainsi, 49% des collaborateurs de PME interrogés ont été confrontés à un cyberincident grave chez leur employeur au cours de ces trois derniers mois, mais seuls 22% d’entre eux estiment que le cyber-risque pesant sur leur entreprise est élevé. Le phishing demeure la menace la plus fréquemment signalée. L'étude met aussi en évidence des cas de logiciels malveillants (malware), des arnaques au président, des usurpations d’identité, des soupçons de fuites de données et des perturbations de l’activité.
Que faire alors? Associé Cyber Risk chez Deloitte Suisse, Florian Widmer explique dans le communiqué de la société d'audit que «la capacité d’une organisation à résister aux cyberattaques commence par les bases: il faut notamment une authentification forte, des droits d’accès restrictifs, des formations régulières, des sauvegardes testées, ainsi qu’un plan d’urgence solide.»
Rôle des cyberassurances
La couverture d’assurance reste lacunaire, ajoutent les auteurs de l'enquête. Ils estiment qu’une cyberassurance peut devenir un élément central de la résilience des entreprises. Cette étude met également en lumière des attentes des PME quant au rôle de l’État. Près de 90% des personnes interrogées se déclarent favorables à un renforcement des prescriptions en matière de cybersécurité. Pour elles, «la Confédération devrait fixer des normes minimales claires et faciliter la coopération entre les entreprises, les associations professionnelles, les assureurs et les prestataires de services informatiques».
Autant de thèmes qui ne manqueront pas d'animer les discussions lors des Trust Valley Days, qui se tiendront les 23 et 24 septembre prochains dans la région de Lausanne.
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L'IA fait le bonheur des pirates informatiques
Écrit par
Philippe Miauton
Directeur
Publié le : 02 septembre 2026
Modifié le : 02 septembre 2026