L'accord avec le Mercosur a finalement passé la rampe aux Chambres fédérales la semaine dernière, au prix d'un compromis bien helvétique. Ce traité améliore les opportunités des entreprises suisses sur le marché sud-américain. Un référendum est toutefois annoncé.
Rien n'était moins sûr mais, finalement, l'accord avec le Mercosur entre l'AELE - dont fait partie la Suisse - et le bloc sud-américain composé de l'Argentine, du Brésil, de l'Uruguay et du Paraguay, a passé l'épreuve du Parlement. Ce n'était pas joué d'avance puisque, rappelons-le, le National avait rejeté le texte en première lecture en juin sous la pression des milieux agricoles. Le Conseil des Etats a fait le nécessaire pour trouver un compromis acceptable.
Engagements contraignants
En validant cet accord, le Parlement a débloqué une situation complexe en accordant un demi-milliard sur six ans pour compenser les effets pénalisants du traité sur l'agriculture suisse. La population aura finalement le dernier mot, car l’alliance contre la déforestation de la forêt tropicale a déjà annoncé un référendum. Consciente de l'enjeu, la Confédération a souligné à plusieurs reprises que, pour la première fois, des engagements contraignants sur les forêts et l'agriculture durable figurent dans l'accord de libre-échange.
Ces engagements font écho à l'accord économique adopté cet été avec la Malaisie, qui fait l'objet d'un référendum de la part d'une alliance composée d'organisations de la société civile et de la gauche. Celle-ci déplore que l'accord ne contienne pas de mesures efficaces contre le travail forcé et la déforestation.
Retard rattrapé sur l'UE
Pour les entreprises suisses, l'accord avec le Mercosur est évidemment favorable puisqu'il leur ouvre un marché de 270 millions de consommateurs. Selon la faîtière economiesuisse, les droits de douane seront progressivement réduits, voire supprimés, pour plus de 97% des entreprises exportatrices suisses. Surtout, la conclusion de ce traité permet à notre économie de rattraper son retard par rapport à l'Union européenne (UE), qui bénéficie déjà de prix avantageux depuis la mise en vigueur de son accord avec le Mercosur en mai dernier.
La population avait déjà été amenée à se prononcer sur un autre accord de libre-échange sensible il y a cinq ans, avec l’Indonésie. Il avait été adopté de justesse, avec 51,6% des voix. Ce dernier a permis de réduire partiellement les droits de douane sur une quantité limitée d'huile de palme, à la condition stricte que celle-ci soit produite de manière durable.
Diversification bienvenue
L’accord avec le Mercosur accroît la diversification et la résilience de l’économie suisse dans un contexte international de plus en plus incertain. Il est bon de rappeler que la Suisse a tout intérêt à étendre ses accords économiques, d'autant plus que la gauche saisit chaque occasion pour torpiller les efforts déployés par la Confédération dans ce domaine.
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Continuons de jouer la carte du libre-échange
Écrit par
Philippe Miauton
Directeur
Publié le : 23 septembre 2026
Modifié le : 23 septembre 2026