L'initiative «Pas de Suisse à 10 millions!» soulève des questions intéressantes, mais n'apporte aucune solution pour l'économie suisse. Dire non à ce texte, c'est permettre à notre pays d'affronter les défis à venir pour maintenir notre prospérité.
Tous les pendulaires le constatent chaque matin de la semaine: de nombreux trains sont bondés, alors que les autoroutes sont saturées. Nos infrastructures sont sous pression, tout comme les logements dont le taux de vacance n'a a jamais été aussi bas. Ce quotidien-là, personne ne peut le nier.
Si la Suisse sature, ce serait en raison de l’immigration - sous-entendue de masse. Ce message, les auteurs de l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions!» le martèlent à l'envi, mais ils se gardent bien d'admettre que cet argument est plus que réducteur. La réalité qu'ils dénoncent s’explique plus sérieusement par une multitude de facteurs dont les principaux sont avant tout de nature politique.
Infrastructures sous-dotées
Si nos routes accumulent les heures de bouchons, c’est parce que certains tracés datent des années 1960. Si les trains de la Métropole lémanique sont bondés, c'est que la troisième voie ferroviaire entre Genève et Lausanne nous est annoncée depuis Rail 2000. Si les logements viennent à manquer, c'est que les projets majeurs de densification urbaine sont refusés par la population. Et cætera. Le constat est clair: nos infrastructures sont tout simplement sous-dotées depuis des décennies. Et l’augmentation de la population n’est pas en cause.
Il ne faut pas se tromper de combat: l’immigration répond clairement à un besoin de notre pays en main-d’œuvre dans des secteurs comme la santé et la restauration, soit autant de professions essentielles que les Suisses ne souhaitent plus exercer. Il convient de le répéter: cet apport de forces vives nous permet de maintenir le dynamisme de notre économie et le bon fonctionnement de notre société en général. C'est d’autant plus vrai que le départ des baby-boomers à la retraite annonce des pénuries importantes de personnel qualifié en Suisse. Il n'en demeure pas moins que nos autorités doivent accélérer l'adaptation de nos réseaux routiers et ferroviaires aux réalités d'aujourd'hui et de demain, et simplifier nombre de démarches administratives qui font le malheur des entrepreneurs et des milieux immobiliers.
Voie bilatérale menacée
L'autre danger de cette initiative, c'est qu'elle menace de mort la voie bilatérale avec l'Europe en cas d'acceptation. Nos accords avec l'Europe ont fait leurs preuves ces 25 dernières années en boostant les entreprises, l'emploi et les recettes fiscales. Ce n’est vraiment pas le moment de rajouter du chaos à l'ambiance actuelle! Il faudra s'en souvenir le 14 juin prochain.
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N'ajoutons pas du chaos à l'ambiance actuelle!
Écrit par
Philippe Miauton
Directeur
Publié le : 28 mai 2026
Modifié le : 28 mai 2026